Dans l’univers de Célia de "La Bohème Photographie"
Par Loovera Crennes

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CELIA, quel est votre univers photographique ? 

La photo n’est pas mon métier de base, comme beaucoup de gens. Au départ, j’aime écouter les gens et les connaître, vraiment. Alors je cherche à photographier leur fragilité, au sens de leur intimité, de ce qu’ils ont en eux profondément. Chacun de nous a en soi une fragilité, une blessure, une faille. Je cherche à être émue. Les détails m’émeuvent beaucoup parce qu’ils suggèrent plus qu’ils ne montrent et qu’ils laissent deviner et ressentir une atmosphère ou une sensation. Les photos un peu sombres se prêtent bien à mon sens à cette intimité d’un couple ou d’un parent avec son enfant. Je cherche à rendre quelque chose de doux et à la fois de contrasté avec des jeux d’ombres et de lumière quand c’est possible. J’aime les images avec du grain et peu piquées parce qu’elles donnent une note nostalgique aux souvenirs. Je préfère les couleurs sourdes et peu saturées qui laissent toute la place à l’émotion recherchée. Pour cette même raison, je ne dirige que très peu mes clients parce que je veux que les images leur ressemblent complètement. Je veux les découvrir tels qu’ils sont. Mais j’ai plus de plaisir à photographier la passion et la sensualité que l’humour par exemple. Puisque je suis quelqu’un de très sensible, ce qui m’inspire est ce qui m’émeut. La nature a ce pouvoir de m’émouvoir, de m’émerveiller. J’aime les grands espaces, l’océan un peu, les sapins beaucoup et surtout les montagnes dont le paysage change au fil des saisons, peut-être parce que je viens de chez elles et qu’elles me rappellent mon enfance. C’est une des raisons qui font que, cet été, je pars m’installer en Haute-Savoie, du côté d’Annecy !

 

 
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Dans quel cadre a été réalisé cette photographie ?

Cette photo a été prise lors d’un workshop (le Slo Workshop de Baptiste Hauville et Yoris Couegnoux) en octobre dernier sur la côte basque, en Espagne. C’était en fin de journée, la lumière était particulière, il y avait de gros nuages avec du soleil et beaucoup de vent. L’ambiance était chaleureuse et très pittoresque. Etant donné que c’était un workshop, je ne crois pas avoir dirigé “la mariée”. La jeune femme semblait assez à l’aise avec l’objectif et nous l’avons pas mal laissée évoluer comme elle le sentait. Donc cette photo n’a pas été réfléchie en amont. Mais je l’ai faîte parce que j’ai aimé le mouvement de la robe grâce au vent, la suggestion présente dégage une ambiance spécifique. Sa tête est baissée, on peut imaginer qu’elle regarde l’océan en contrebas. Et j’adore le rayon de lumière dans ses cheveux.

 

COMMENT LA PHOTOGRAPHIE A T-elle ÉtÉ post-TRAITÉE ?

Lors du post-traitement je souhaite recréer l’image que j’ai en tête, le souvenir que j’en ai et je suis souvent surprise du RAW qui apparaît à l’écran ! Je voulais une image chaude, orangée pour qu’on sente la fin de la journée. Depuis peu, je préfère exposer pour les hautes lumières pour mettre en avant la beauté de la lumière et parce que je trouve que ça confère aux images quelque chose de très intimiste. J’adore les clairs-obscurs où la scène est suggérée. Le preset de cette image est un preset que j’avais créé moi-même et, même si je n’en suis plus satisfaite en général, je trouve qu’il va bien à cette photo parce qu’il a ce côté très orangé du à un virage partiel sur les ombres.

La photo est déjà sous-exposée à la prise de vue (50 mm, f 3,5, 1/1250 160 iso) mais j’accentue souvent encore un peu cette sous exposition lors du post-traitement.