Dans l’univers de Mélanie Bultez, photographe.
Par Loovera Crennes

MELANIE, POURRAIS-TU NOUS PARLER UN PEU DE TOI ?

Je suis photographe depuis sept ans et je dirais que mes photos, mon style et mes goûts ont grandi avec moi et avec mon métier. 

Je considère mon métier comme un partenaire de vie, une philosophie, avec ses erreurs et ses leçons, ses joies et petits bonheurs.

Il m’enveloppe, me porte, me pousse à aller plus loin, me met quelques claques parfois, il m’élève et m’enseigne, pas seulement la photo, mais la vie aussi, les rapports humains, et surtout, il m’apprend beaucoup sur moi-même.

C’est un peu comme une thérapie, une découverte de soi, même après sept années de dur labeur, et aussi un moyen d’explorer, d’analyser, d’observer ce qu’il se passe autour de moi, chez les autres, les interactions entre les gens et avec moi. D’ailleurs je me sens toujours mieux dans un endroit dès lors que j’ai un appareil dans les mains !

Je pense que ce que je dis va peut-être parler à beaucoup de photographes, mais en fait je crois que ce métier, on ne le choisit pas par hasard, et c’est souvent lui qui nous choisit, parce qu’on est sans cesse en train de se remettre en cause, de se poser mille questions, d’aimer vivre les choses, et de se paumer parfois, puis de se retrouver face à soi-même et de trouver son chemin pour se paumer un peu plus loin. 

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MELANIE, quel est votre univers photographique ? 

J’ai toujours adoré les univers urbains, les briques, le street art, je suis une citadine dans l’âme, ce qui ne m’empêche pas bien sûr de faire des séances plus proches de la nature, à ce moment là je me tourne plus vers un style folk, que j’adore aussi.

J’aime le rock, les tatouages, les looks débridés et les attitudes désinvoltes. Je voyage beaucoup et j’adore l’aventure, le « demain je quitte tout pour m’installer à San Francisco ». Mon rêve est de pouvoir vivre dans différents pays avec ma future progéniture, de vivre la vie quotidienne, pas en mode globe-trotter ou touriste, vraiment habiter ces pays et en changer tous les 2-3 ans pour en découvrir un nouveau. Et la plage. Je suis amoureuse de l’océan, de la mer, de l’eau. Partout où je me suis installée, il y a toujours eu un lac ou un fleuve pas loin. 

Je m’inspire de la musique, la mode, la télé (hé oui c’est possible), de livres, et aussi des autres, pas seulement les autres photographes mais les gens tout courts, ce qu’ils me racontent.

Dans quel cadre a été réalisé cette photographie ?

Il s’agit d’un shooting d’inspiration au moment de la cérémonie. Les modèles sont un vrai couple, pas du tout à l’aise avec la photo, et de mon côté je n’aime pas shooter non plus de façon technique, mécanique, jouée et fake. Mon métier est le reportage, la vraie vie, alors pour ce shooting, on a pris un vrai couple, de l’amour, leurs amis, et j’ai demandé à l’une des amies de jouer de la guitare, de faire un discours improvisé, en sachant qu’elle est particulièrement surprenante dans ce genre d’exercice.

 

 

 
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Quelle a été la base du preset utilisé ?

Pour parler technique, cette photo a été réalisée un 29 janvier à 17h08 exactement, le soleil se couchait, sur un lac gelé.

Les exifs : ISO 100 / 35mm / f1.4

Le preset utilisé est le mien ;) et j’ai rajouté quelques teintes dorées au fond pour donner un peu de chaleur et un coucher de soleil sur les montagnes.

A l'origine, je recherchais un rendu qui se rapprochait des argentiques VSCO notamment la Portra 160 mais je n’aimais pas ce manque de couleurs, notamment dans les verts, les rouges qui changeaient de tonalité et certaines autres couleurs qui changeaient. Ce traitement ne me ressemblait pas mais je voulais garder un petit côté Fade que j’avais déjà dans mes photos d'avant. Je suis donc arrivée à ce résultat après 4 mois d'essais.

Aujourd’hui, mes photos ont plus de contraste, plus de couleurs, je m’attache à ce que le costume bleu du marié qu’il a choisi de cette couleur reste de cette couleur.

Je joue beaucoup sur les hautes lumières et les ombres ainsi que sur la balance des blancs que je pousse toujours un peu vers le jaune pour réchauffer l’image.

Quel a été le secret de cette prise de vue ?

Même en shooting d’inspiration, je m’attache à ce que les émotions soient vraies. A ce moment là, je ne leur ai pas dit « riez s’il vous plait ! », non, j’ai proposé à cette amie de créer une situation et j’ai attendu les réactions.

Je procède de la même façon en séance engagement, couple, ou mariés, sauf que c’est moi qui fait « l’amie qui dit des conneries ». 

Je suis une pipelette (comme vous allez le remarquer) donc je parle tout au long de la séance, je leur pose des questions, je fais ou dis parfois des choses très spontanées et insolites qui les font rire, sourire, réagir, même interagir entre eux.

Ce n’est pas si facile de produire des visuels à la fois cool, authentiques, spontanés et magiques, car les gens ont, la plupart du temps, une appréhension devant l’objectif, ils ne sont pas 100% naturels, attendent d’être un minimum guidés. Il faut alors trouver le juste milieu entre « induire des réactions spontanées » et « laisser faire les choses ». On est parfois surpris !